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Illusion démocratique et cynisme capitaliste

« Qui oserait débrancher le jukebox quand la party bat son plein ?» disait un financier après Lehman Brothers. Les leçons de 2008 n’ont pas été tirées et les conséquences seraient pourtant bien pires que celles de la crise de 2008. Le cynisme de le finance à l’heure des revendications des populations atteint  son paroxysme !  Une analyse prémonitoire de Jacques Attali qui est livrée ici et qui démontre si nécessaire l’absolue nécessité d’inscrire nos réformes et actions quotidiennes sur le long terme. 

Illusion démocratique et cynisme capitaliste
Article de Jacques ATTALI publié sur L’Express en ligne le 27 janvier 2019

Pendant que des dirigeants de plus en plus populistes se partagent l’essentiel de la planète, et que, dans les lieux de plus en plus rares où ils ne sont pas au pouvoir, des citoyens se bercent de l’illusion qu’il leur serait possible de regagner la maîtrise de leur destin dans chaque petit canton de l’univers, quelques-uns des vrais maîtres du monde, (qui ne sont ni des politiques ni, contrairement aux thèses à la mode, des géants des nouvelles technologies, mais bien des financiers, comme depuis des millénaires) continuent d’orienter la planète à leur guise.

Beaucoup d’entre eux travaillent pour le bien ; en plaçant l’épargne qui leur a été confiée par ceux qui ne savent pas comment l’utiliser au mieux eux-mêmes, entre les mains de ceux qui ont des projets socialement et écologiquement positifs. En cela, la finance est utile au meilleur du monde.

D’autres, beaucoup moins scrupuleux et infiniment inutiles, voire nuisibles, utilisent cette épargne pour leur compte personnel, dans des opérations spéculatives, d’autant plus dangereuses qu’on n’aura pas su mettre en place des mécanismes de contrôle.

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Les travers de l’hyper-responsabilisation écologique individuelle

Une très intéressante contribution de Violaine Wathelet, doctorante au Centre d’étude de l’opinion de l’Université de Liège sur l’hyper responsabilisation  par rapport à la crise du climat. Si chacun et chacune d’entre nous a , il est vrai, a une responsabilité et peut agir quotidiennement par de petits ou grands gestes qui peuvent améliorer l’environnement , il est aussi temps que les gros «pollueurs » soient responsabilisés pour les dégâts qu’ils causent.
Elle questionne par ailleurs comme des économistes et comme je l’ai fait dans une carte blanche il y a quelques jours, le système du capitalisme global qui ne peut être traité comme une donnée extérieure ou une variable d’ajustement à l’urgence climatique. Vouloir le réguler, lui et ses méthodes de production, ses conséquences sociales, et l’injustice fiscale qu’il produit doit faire partie intégrante du débat sur le climat.

Les travers de l’hyper-responsabilisation écologique individuelle
Publié le mercredi 09 janvier 2019 à 09h29 – Sur le journal La Libre en ligne
Une opinion de Violaine Wathelet, doctorante au Centre d’étude de l’opinion de l’Université de Liège.

Nous portons tous la responsabilité du désastre actuel et futur. Mais en mettant le curseur sur l’individu, on oublie de questionner radicalement notre système de production et l’inaction des grands groupes capitalistes.

J’ai vingt-neuf ans et voilà pourquoi je me demande si je prendrai encore l’avion”, était le premier titre de mon propos, allusion bien entendue à la contribution d’Olivier De Schutter parue ici ce 7 décembre dernier. L’auteur y livrait les raisons de son récent choix de ne plus prendre l’avion. Une contribution qui m’a donné l’envie d’en prolonger la réflexion et d’en questionner les dynamiques sous-jacentes.

De Schutter ne prendra plus l’avion

Est-ce que je prendrai encore l’avion ? Qui se posait cette question il y a quinze ans ? Certains groupes altermondialistes, quelques écolos mais, c’est sûr, elle faisait rarement irruption dans les pages des quotidiens que l’on connaît. Or, aujourd’hui, il n’est plus exceptionnel que nos comportements individuels soient interpellés au nom de l’écologie (même dans les publicités). Et les slogans, comme les injonctions sont presque toujours adressés à nos individualités. Le discours ambiant voudrait que chacun fasse sa part, que chacun porte, dans son petit bec de colibri, les trois gouttelettes nécessaires à son confort personnel de cohérence, trois gouttelettes qui vont rejoindre les trois autres de son voisin ou de sa voisine, ou les deux, et former ainsi un Canadair capable d’éteindre l’incendie qui ravage notre planète.

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Être humaniste aujourd’hui, c’est tenir en échec le capitalisme et la technologie non régulés !

Aujourd’hui la politique apparaît évincée et marginalisée par le marché et par le progrès technique.L’Europe elle-même qui devrait être notre outil et notre bouclier, nous échappe par sa complexité et par les jeux croisés des technocrates, des lobbys et des diplomates.

Mais paradoxalement la politique n’a jamais été plus nécessaire. Car ces bouleversements à la marche du monde appellent des réformes profondes. Et qui peut les entreprendre et les mener à bien sinon les politiques? C’est un chantier immense qui s’articule sur plusieurs niveaux : la commune, la région, le fédéral, l’Europe et, à travers celle-ci l’ordre mondial à reconstruire après le séisme de la globalisation toujours plus porteuse d’inégalités sociales.

Nos institutions démocratiques appellent une participation plus active du citoyen ; nos systèmes d’éducation sont mis au défi de l’immigration et du numérique qui touchent aussi la protection sociale,  nos régimes de retraite et de nos politiques de santé, tandis que notre urbanisme est confronté au double défi de la mobilité et à la sécurité. La décarbonisation de nos économies, le vieillissement de nos sociétés, la menace que le consumérisme et le cosmopolitisme constituent pour la culture doivent être anticipées et gérées.

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Que contient (ou non) le pacte de Marrakech sur les migrations ?

A l’heure où les démagogies, populismes ou autres fake new’s ont la cote , voici un article du Monde qui coupe les ailes à ces vilains canards au sujet du Pacte pour réguler les migrations. Quelques démentis bien utiles à la bonne compréhension des enjeux de ce Pacte qui seront nécessaires aux démocrates pour éviter de tomber dans le piège des «phrases faciles » qui rapportent plus que la pédagogie qui prend plus de temps et qui, peut être, rapporte moins en tous cas sur le court terme. Et comme certains lient déjà ce Pacte à l’attaque terroriste d’hier soir à Strasbourg en soulignant qu’il ne va qu’amplifier ces phénomènes de violences meurtrières, j’ai cru bon loin des slogans de vous partager cette analyse objective qui n’est ni de gauche, ni de droite, qui est les faits juridiques et les dispositions que ce Pacte décrit, ni plus, ni moins. On ne gagnera pas la cohésion et le rassemblement des peuples par des raccourcis honteux, mais par une politique humaine et responsable d’immigration. N’en déplaisent à certains qui en ont fait leur fond de commerce en surfant sur les peurs.

Que contient (ou non) le pacte de Marrakech sur les migrations ?
Par Anne-Aël Durand, publié le 10 décembre 2018 à 17h49, Le Monde

Un texte international sur les migrations, approuvé formellement lundi 10 décembre à Marrakech (Maroc), suscite de nombreuses incompréhensions.

Qu’est-ce qui a été approuvé à Marrakech ?

Le pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières a été approuvé lundi lors d’une conférence intergouvernementale organisée par l’Organisation des Nations unies (ONU) à Marrakech (Maroc) en présence de représentants de près de 160 pays.

Ni vote ni signature n’étaient au programme de ce rendez-vous qui se tient jusqu’à mardi. Une simple proclamation orale suivie d’un coup de marteau a servi d’approbation formelle. Le texte, qui a déjà été approuvé en juillet, doit encore être ratifié mercredi 19 décembre lors de l’Assemblée générale des Nations unies.

Que contient ce pacte sur les migrations ?

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