Étiquette : économie

Proximus : en tous les cas investir dans l’homme !

Ce sont les circonstances qui font de la puissance publique, Etat ou région, un actionnaire : accompagnement d’une reconversion d’un vieux bassin industriel par appui aux start-ups, transition d’un monopole public vers un régime de concurrence comme dans les transports ou les télécommunications, gestion directe d’un monopole naturel comme l’eau ou des autoroutes à péage.

L’Etat, c’est-à-dire en ultime regard, les élus, se trouve alors face à un double dilemme. D’abord, comme régulateur du marché en cause, il lui faut fixer le degré de concurrence qui va permettre à la fois, d’une part d’assurer la pérennité de l’entreprise en lui  préservant des marges de profit suffisantes pour ses investissements à long terme et d’autre part un prix bas du produit ou service, avantageux pour le pouvoir d’achat du consommateur privé et pour la compétitivité de l’utilisateur industriel. Ensuite, comme actionnaire il doit à la fois assurer une rentabilité élevée pour assurer le niveau d’innovation technologique nécessaire et pour préserver l’emploi, et distribuer une partie du profit pour rémunérer l’actionnaire-contribuable, en versant des dividendes au Trésor public pour alimenter le budget de l’Etat.

Autrement dit l’Etat se trouve placé devant des choix contradictoires entre lesquels il lui faut arbitrer. Le voici coincé entre le marteau et l’enclume. Ces arbitrages sont particulièrement difficiles dans les secteurs à haute technologie exposés à un rythme rapide d’innovation technique et commerciale qui nécessitent de fortes marges de profit. En même temps ces secteurs sont confrontés à des risques de restructuration imposés par l’internationalisation.

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L’intelligence artificielle produit des gilets jaunes

Une opinion dérangeante de Laurent Alexandre, auteur du livre ” La guerre des intelligences”, qui met en évidence le fossé qui se creuse encore davantage entre “ceux qui savent” et “ceux qui ne savent pas” et qui ne se sentent plus représentés par personne. L’intelligence artificielle mérite des moyens suffisants au niveau budgétaire et au niveau humain pour appréhender toutes ses conséquences et pour y associer le plus grand nombre sous peine d’accentuer des fractures et d’avoir définitivement deux mondes qui ne se parlent plus et ne se comprennent plus.

OPINIONS : L’intelligence artificielle produit des gilets jaunes

Par Laurent Alexandre, publié le 27/11/2018 à 17:30 dans “L’express”

L’intelligence artificielle transforme l’organisation sociale en favorisant les élites intellectuelles et en affaiblissant le peuple.

Le géographe Christophe Guilluy décrit depuis des années les souffrances de la France périphérique. Il voit dans les gilets jaunes le signe d’une révolte de ce tiers pays qui n’intéresse pas les politiques. Il y a bien trois France : les gagnants de la nouvelle économie, calfeutrés dans les métropoles où se concentrent les entreprises liées à l’intelligence artificielle (IA), les banlieues peuplées de communautés et la France périurbaine et rurale des “petits Blancs”, qui se sont autobaptisés “gilets jaunes”.

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Les «gilets jaunes»: un fait révélateur d’une transition écologique injuste et tronquée?

Une carte blanche signée Félice Dassetto, sociologue qui dit tout sur ce sentiment d’injustice avec beaucoup d’acuité depuis l’augmentation du carburant mais nous savons que c’est “l’arbre qui cache la forêt”.
Ce n’est que la partie visible d’un iceberg, une machine qui fait croître de jour en jour les inégalités ressenties hier ‘acceptables” aujourd’hui comme “indécentes au regard de nombres de dispositions prises par plusieurs gouvernements ou au niveau européen.
Il rappelle aussi avec justesse” pas de transition écologique sans un accompagnement social et humain”.
A méditer dans les temps particulièrement troubles qui nous occupent.

Les «gilets jaunes»: un fait révélateur d’une transition écologique injuste et tronquée?

Mis en ligne le 20/11/2018 à 17:30 ; journal « le soir » par Felice Dassetto, sociologue, professeur émérite UCL, membre de l’académie royale de Belgique

Les prix et les taxes des carburants augmentent. Mobilisés par les réseaux sociaux, des gens – femmes et hommes – protestent. Ils et elles trouvent un symbole simple à la portée de tout le monde : des survêtements réfléchissants. Ils leur donnent une identité : les « gilets jaunes ».

La protestation s’exprime par des arguments immédiats : l’augmentation considérée inacceptable du prix d’un produit considéré vital dans la société de l’automobile : indispensable pour certains, utile pour d’autres. Ce mouvement spontané a évidemment des difficultés à se coordonner. Il risque d’être récupéré et infiltré par des mouvements d’extrême droit ou d’extrême gauche.

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