Auteur : Vanessa Matz Page 1 of 4

Le temps de la résignation nous est désormais interdit

L’Humanisme est la forme la plus avancée de la pensée européenne, celle qui fait se rejoindre l’héritage, chrétien, de l’Evangile et l’héritage, laïc, des Lumières. L’Humanisme fait de l’homme – et de la femme – la mesure de toute chose. Il ne voit le progrès que là où les personnes de toutes conditions et de toutes origines, trouvent de nouveaux moyens, de nouvelles ressources pour faire avancer la cause de la justice dans la société et celle de la liberté pour chacun.

Notre société, dorénavant livrée à la logique puissante du matérialisme qui sous-tend le capitalisme mondialisé et à la déferlante technologique continue qui bouleverse nos modes de vivre et de penser, sans considération pour la fragilité de chaque être humain et de la nature, est aujourd’hui menacée de déshumanisation.

Ce risque surgit aujourd’hui avec la mondialisation sauvage, le progrès technique, la consommation à outrance et les bouleversements géopolitiques. La menace climatique et l’épuisement des ressources amplifient ces risques.

Les Humanistes, aujourd’hui réduits à une minorité agissante, n’ont pas d’autre choix que ceux du discernement et de la radicalité. Nous formons désormais un groupe d’hommes et de femmes qui luttons à contre-courant des illusions, de la complaisance et des manipulations qui poussent nos concitoyens à s’accommoder de l’érosion insidieuse de la démocratie chez nous.

A nous qui vivons au cœur de la société et qui en connaissons les souffrances et les rêves, il appartient de maintenir éclairé le phare sur la colline pour guider les choix stratégiques, sociaux et culturels qui se présentent à nos sociétés sous la pression de ces forces nouvelles à la fois riches de progrès possibles, et porteuses d’autodestruction.

Solidarité et responsabilité sont nos maîtres-mots contre le néolibéralisme de la compétitivité à tout prix, et de son corollaire l’arrogance des gagnants et à l’opposé contre la culture de la victimisation et de la dépendance chez les perdants.

Le cdH est aujourd’hui, par son statut de parti minoritaire, condamné à emprunter les chemins de crête, ceux où se tiennent les résistants et les rebelles. Le temps de la résignation nous est désormais interdit.

Vanessa MATZ

Taxation des GAFA : l’exemple français

Je vous livre un article sur un sujet tout à fait légitime sur lequel je travaille au parlement fédéral, j’ai, lors de la précédente législature, fait la proposition de taxer les géants du numérique, celle-ci a été refusée. Cependant, c’est avec détermination et conviction que j’ai à nouveau déposé le texte en Belgique en ce début de nouvelle législature. La France est un exemple à suivre, nous ne devons pas laisser se poursuivre cette concurrence déloyale entre les secteurs numériques et non-numérique. Pourquoi les entreprises numériques payeraient-elles moins de taxe?

Taxation des GAFA : l’exemple français
Article “Le Monde” Publié le 15 juillet 2019 à 11h27

Editorial. La taxe qui prévoit de prélever 3 % du chiffre d’affaires des géants du numérique est d’autant plus légitime et nécessaire que partout dans le monde, y compris aux Etats-Unis, la puissance de ces groupes inquiète.

Lire la suite

L’Homme debout

Notre époque, où la société et l’économie de marché sont de plus en plus assujetties à la dynamique du capitalisme et de l’innovation technologique qui en est inséparable, qui est menacée de déshumanisation. Une modernisation fondée sur le matérialisme, donc sur le profit, et sur l’individualisme, donc sur la solitude et l’aliénation, rabaisse l’homme et l’empêche de vivre debout.  

Le confort individuel s’enrichit chaque jour de gadgets nouveaux mais qui se font encombrants et souvent endettent inutilement les ménages. Nos voitures sont de plus en plus sûres et commodes, mais nous restons coincés dans les embouteillages tandis que les particules fines tuent insidieusement nos enfants et nos aînés. L’agriculture qui a longtemps vu ses rendements exploser, est entrée dans une phase où la productivité épuise les sols et les nappes phréatiques déjà menacées par le réchauffement.

Lire la suite

Plus que jamais en revenir à l’essentiel !

Vous êtes nombreux chaque jour à me demander comment j’associe ma volonté d’aller à l’essentiel avec une campagne électorale comme tête de liste à la Chambre. Et c’est une question pertinente au vu des heures d’investissement que demande une campagne électorale. Bien sûr le rythme est soutenu, bien sûr cela demande une attention de chaque minute , une présence sur le terrain très importante et un investissement sans faille aux côtés de ceux qui modestement mais authentiquement sont venus prêter main forte à la liste . Mais vous savez aussi que je n’ai jamais considéré un engagement quel qu’il soit à la légère. Je l’ai toujours voulu entier, sincère , respectueux et sur le fond.
Je n’ai choisi ce nouvel engagement comme tête de liste que parce qu’au travers de cette campagne, je pouvais porter haut et fort une autre manière de faire de la politique, celle qui voit sur le long terme et qui refuse l’immédiateté permanente, celle qui vient servir et pas se servir, celle qui refuse la phrase qui tue l’autre mais à l’inverse grandit les initiatives porteuses de justice, de progrès, de citoyenneté, de créativité : tout simplement, celle qui veut réconcilier au lieu de diviser, celle qui rend de l’humanité à notre société.
Et si des turbulences, ces dernières semaines nous ont affectés, elles nous ont rappelés encore plus que l’essentiel, il n’est pas là mais dans notre capacité et notre volonté de répondre aux défis immenses que notre société impose et pour lesquels nos citoyens attendent des réponses. C’est l’engagement ferme que j’ai pris en m’investissant dans une nouvelle campagne électorale et je ne me laisserai pas distraire par des bidules périphériques mais au contraire je mettrai avec mon équipe toutes mes forces à démontrer que tous les politiques ne sont pas déconnectés de la réalité, qu’il est possible d’inscrire des actions concrètes et quotidiennes dans une vision sur le long terme, qu’il est possible de rendre de la crédibilité et plus encore de la légitimité à la politique en écoutant mais surtout en entendant ce qui se passe autour de nous.
Un programme en soi, l’essentiel, un essentiel authentique, bienveillant et humain !
#enAvant #AutrementMaintenant

Les inégalités sociales ont-elles augmenté en Belgique?

Une remarquable analyse de Bertrand Henne sur les inégalités ressenties ou réelles. Un constat pour permettre aux politiques d’agir en amont mais aussi en aval afin de les corriger. Si certaines égalités sont simplement ressenties, cela ne dédouane pas le politique de mesures concrètes ou d’une réflexion plus profonde sur les causes de ce ressenti qui est souvent le point de rupture entre lui et les citoyens …À méditer sans modération.

Les inégalités sociales ont-elles augmenté en Belgique?
Publié en ligne sur le site de la RTBF le 11 mars 2019

C’est une question politiquement très sensible. Malheureusement, les inégalités et leurs évolutions sont très compliquées à objectiver pour les économistes et bien sûr pour les journalistes.

L’idée très répandue est que les inégalités de revenus ont augmenté. Que les riches sont toujours plus riches et les pauvres plus pauvres. Ce sentiment d’injustice est à l’origine d’un malaise social important, d’une crise de confiance dans le modèle économique dominant et même une crise de la démocratie.

Cette croyance ne vient pas de nulle part. Dans beaucoup de pays différents indicateurs et études montrent en effet une croissance des inégalités. C’est ce que montrent les travaux de l’Économiste français Thomas Piketty qui a replacé cette question au premier plan.

La principale qualité de son travail est d’observer l’évolution des inégalités sur un temps long (parfois depuis la Première Guerre mondiale) et dans plusieurs pays du monde. Il mesure les inégalités de revenus, mais aussi les inégalités de patrimoine (ce qui est encore plus compliqué). Il s’est associé avec beaucoup de chercheurs pour mettre au point une base de données mondiale.

Le principal constat de ces chercheurs du WID est que les inégalités augmentent partout. Surtout en Asie (Inde, Chine) et aux États Unis. En Europe, le phénomène est aussi à l’œuvre. Mais il est d’une ampleur moindre.

Lire la suite

Le résistible délitement de l‘égalité pour les ruraux

Une singularité de la Wallonie tient à sa géographie dominée par la ruralité, distances obligeant. La dispersion de l’habitat reste très forte en raison de la densité du réseau d’autoroutes qui permet aux ruraux de vivre au pays tout en travaillant à la ville, au prix de trajets parfois éprouvants toutefois. La vie à la campagne a un charme très particulier qui tient aux racines familiales, aux paysages et au rapport à la nature, et, là où les communautés restent vivantes, à une proximité et une qualité d’échanges que la ville, riche en bien d’autres possibilités, n’offre pas.

Mais notre société et singulièrement, la puissance publique, a du mal à reconnaître le droit des ruraux à l’égalité de traitement dans l’accès aux services publics et dans le maintien de certains commerces et services privés dont la faible densité de population obère la rentabilité.

Insensiblement on constate l’effilochage des liens qui relient la campagne à la ville, ce qui complique sensiblement la vie de tous, ceux qui n’ont pas de voiture et ceux qui doivent s’en servir pour n’importe quelle course ou formalité. L’accès aux écoles maternelle et primaire, à la gare de chemin de fer, au bureau de poste, aux services de soins de santé est plus compliqué de par ses distances. Les commerces de proximité se font plus rares aussi. Le choix des ruraux se réduit à l’isolement ou aux déplacements incessants en voiture. 

Lire la suite

Stress, drogues, théories du complot: le quotidien des modérateurs Facebook

Un article à lire pour découvrir « l’envers du décor » des personnes chargées de « nettoyer le réseau social Facebook ». Les conditions de travail et les traitements sont pour le moins interpellants , sans parler des conséquences sur la santé physique et mentale de ces travailleurs . Derrière cette mission nécessaire de « protection » se cache une triste réalité que nous suspectons à peine !

Stress, drogues, théories du complot: le quotidien des modérateurs Facebook
Publié sur Le Figaro en Ligne, le 26 février 2019

Imaginez regarder des vidéos mettant en scène des théories du complot, des meurtres ou encore des discours de haine, tous les jours, presque sans interruption. C’est ce que vivent quotidiennement les modérateurs chargés de repérer les contenus problématiques sur Facebook. Le site spécialisé The Verge est allé à leur rencontre dans un centre à Phoenix, aux États-Unis, exploité par un sous-traitant du réseau social: Cognizant. Plusieurs anciens ou actuels employés, qui s’expriment de manière anonyme, révèlent y vivre une expérience douloureuse faite de stress post-traumatique ou de pensées suicidaires.

Dans le monde, environ 30.000 personnes s’occupent de la modération chez Facebook. Près de la moitié sont directement employées par le réseau social pour écrire ou mettre à jour ses «standards de la communauté», des règles internes sur la modération des contenus, et veiller à leur application. L’autre moitié travaille, dans sa majorité, pour des entreprises sous-traitantes, comme Cognizant à Phoenix, et se chargent directement de la modération, en analysant les signalements des internautes de contenus potentiellement problématiques.

Lire la suite

« Redonner ses lettres de noblesse à la politique » Un programme en soi.

Les esprits s’échauffent déjà , les petites phrases fusent, les bonnes vieilles recettes refont surface, pas de doute , la campagne électorale est lancée, la course à la communication simpliste aussi.
Et si on essayait autre chose , autrement ?
Si le monde politique plutôt que de s’entredéchirer via réseaux sociaux sur des projets, ou faire la course à l’échalote sur la paternité d’un dossier , parlait de fond , de ce que tous les citoyens attendent, Et si cette campagne électorale était l’occasion non pas d’un déballage de phrases qui tuent et des tristes spectacles habituels du « ce n’est pas moi, c’est toi ! » mais l’opportunité d’avoir un débat de fond qui permette de trouver des réponses pertinentes et surtout justes aux immenses préoccupations de nos citoyens .
La politique n’est pas l’affaire de quelques uns qui se seraient arrogés le droit de savoir au mépris de tous les citoyens qui eux ne sauraient pas .
La politique , c’est l’attention, l’écoute et surtout l’empathie « cette capacité à se mettre à la place de … » dans ses difficultés mais aussi dans ses aspirations profondes.
La politique , c’est fédérer, rassembler au-delà des différences et non pas diviser, c’est un projet collectif qui n’a de chance d’aboutir que si tout le monde retrousse ses manches et est valorisé dans ce qu’il a de mieux à apporter .
La politique , c’est aussi le courage d’assumer en transparence des décisions prises dans l’intérêt général même si elles sont difficiles .
La politique , c’est surtout respecter, respecter chacun dans ce qu’il a de différent, dans ce qu’il pense de différent, dans ce qu’il vit de différent.
La politique, c’est aussi et avant tout pour moi, une attitude authentique, celle qui fait qu’à un moment , chacun peut croire en la sincérité de la parole portée et donnée, de l’action menée  sans artifices ou faux-semblants , sans promesses impossibles à tenir, sans projets sans lendemain.
La politique , c’est tout cela , simplement et si les attitudes des uns et des autres l’ont parfois déviée de sa mission première , la campagne électorale qui s’annonce pourrait démontrer à tous ceux qui n’y croient plus qu’ils se sont trompés , que les femmes et les hommes politiques ont écouté et surtout entendu la colère qui gronde et  qu’ils en ont tiré les conséquences…
Si tout simplement on rendait ses lettres de noblesse à la politique… Le plus beau et le plus juste programme électoral qui soit .

“Nous payons aujourd’hui une flexibilité excessive” (Étienne de Callataÿ)

Une réflexion qui doit nous interpeller sur la flexibilité à outrance du travail… burn out, menace de la santé au travail. Etienne de Callataÿ nous donne sa vision sur la réduction du temps de travail, ses conséquences, ses risques… À méditer !

“Nous payons aujourd’hui une flexibilité excessive” (Étienne de Callataÿ)
Publié sur le journal L’écho en ligne – 18 février 2019

Entretien avec Étienne de Callataÿ, économiste en chef chez Orcadia Asset Management. Il porte un regard nuancé sur la tendance à vouloir sans cesse flexibiliser davantage le monde du travail.

N’a-t-on pas atteint les limites en matière de flexibilisation, vu le nombre de burn-outs?

Je pense que oui. Nous payons aujourd’hui une flexibilité excessive et une approche du management qui met trop la pression, estimant que ce serait nécessaire pour améliorer la productivité des travailleurs. En créant ce sentiment d’insécurité permanente, on génère du stress, ce qui est mauvais pour la santé mentale mais aussi pour l’économie. Lorsqu’on demande à des gens de repostuler pour l’emploi qu’ils occupent depuis 25 ans, comme s’ils étaient nouveaux dans la boîte, on va trop loin. Par contre, trop de stabilité n’est pas souhaitable non plus. Nommer des enseignants à vie par exemple n’est pas très sain.

Le télétravail n’est-il pas une arme à double tranchant? “On a choisi de privilégier la hausse du pouvoir d’achat par rapport à la réduction du temps de travail.”

Lire la suite

Thomas Porcher: “Croire que les marchés vont inventer la solution, c’est crétin”

Une interview intéressante que nous livre Thomas Porcher, professeur d’économie sur la compatibilité entre la transition écologique et la croissance. Est-il possible de les réconcilier ? De quelle manière ? Notre modèle économique est-il compatible avec une vraie transition écologique ? Il tente de répondre à ces différentes questions par une approche équilibrée qui tient aussi compte des efforts à entreprendre par les pays émergents.

Thomas Porcher: “Croire que les marchés vont inventer la solution, c’est crétin”
Article publié sur L’Echo en ligne le 8 février

Le professeur d’économie Thomas Porcher estime qu'”écologie et croissance ne sont pas contradictoires” mais dans la lutte contre le réchauffement climatique, “on culpabilise le citoyen alors que les plus gros pollueurs sont laissés tranquilles”.

Professeur d’économie à la Paris School of Business, spécialiste de l’économie des énergies et auteurs de divers ouvrages dont le “Déni climatique” et d’un “Traité d’économie hérétique. Pour en finir avec le discours dominant”, Thomas Porcher a fondé, l’an passé, avec l’essayiste Raphaël Gluksmann et d’autres, le parti politique “Place Publique”.

“On s’évertue à entretenir un modèle économique cause de tous les désordres climatiques”, expliquait Nicolas Hulot lors de sa démission. N’y a-t-il aucune conciliation possible entre écologie et croissance?

Écologie et croissance ne sont pas contradictoires, du moins dans un premier temps. Et l’écologie est même une opportunité économique: beaucoup de secteurs de la transition énergétique ont besoin de croissance. Dans le renouvelable et la rénovation du bâtiment, par exemple. Mais sur le long terme, on sait que les émissions de CO2 sont liées à notre modèle économique, qui est donc incompatible avec la lutte contre le réchauffement. Une “croissante verte” est possible et nécessaire dans un premier temps mais ce ne sera pas suffisant. Il faudra évoluer vers un modèle basé, entre autres, sur la relocalisation, l’économie circulaire et la sobriété.

Lire la suite

Page 1 of 4

Fièrement propulsé par WordPress & Thème par Anders Norén